Isabelle Minière

  • Avec une mère violente et hargneuse, plus préoccupée par ses amants et ses traductions de romans à l'eau de rose que par sa fille, la vie d'Albertine n'est pas un long fleuve tranquille. Depuis son enfance jusqu'à l'adolescence, ce ne sont que brimades, injustices et souffrances. Pour échapper à cette mère surnommée « la sorcière », Albertine s'invente des histoires qu'elle note dans un cahier.
    Le jour de sa majorité, sa mère la met à la porte, munie de trois sacs IKEA contenant ses affaires et d'un post-it avec le nom et l'adresse de son père, dont elle ignorait jusque-là l'existence.La rencontre avec cet homme, très différent de ce qu'elle rêvait, lui fait découvrir des vérités inattendues, lui ouvre des portes inespérées sur le présent et l'avenir. Et Albertine de trouver sa vocation à raconter des histoires, d'abord aux enfants qu'elle garde, puis... sur scène !

  • Comment détruire son conjoint, en toute impunité ?
    Jusqu'où peut-on aller dans le mensonge, la manipulation et la perversité?
    On assiste au pouvoir malfaisant d'Achille, comédien reconnu, apprécié, et au désarroi de la douce Ella, victime de ses abus répétés. Hanté par ses cauchemars, Achille décide de consulter Félix, hypnothérapeute.
    Un roman sur la perversion narcissique, le manipulateur et sa victime, la violence psychique. Un si charmant manipulateur montre aussi la force d'une femme en apparence fragile, soumise, mais en lutte, vivante.

  • Avec beaucoup d'autodérision Arthur raconte son vécu d'enfant laid, puis d'adolescent et de jeune homme. Dès sa naissance, ses parents, qui s'attendaient à un beau bébé, sont effondrés. Il est d'une rare laideur ! Ils essaient de s'attacher à lui. Peine perdue. Ils espèrent qu'un chirurgien saura réparer cette erreur de la nature. Mais aucune intervention n'est possible avant l'âge adulte. En attendant, ils cachent leur enfant du mieux qu'ils peuvent : « burka pour bébé », écharpes, chapeaux... Comment grandir avec cette laideur? On accompagne Arthur, ses aventures, intrigues, instants de suspense. Son désir intense d'être « comme tout le monde ». On s'attache aussi à sa famille, notamment à Kouki, une artiste, troisième parent d'Arthur. Elle apprend la sculpture à son père qui dessine sa laideur, la transforme, avec succès, en oeuvre d'art. On finit par aimer cet être laid, on se glisse dans sa peau, sous sa barbe, ses cheveux longs, on lui veut du bien parce qu'il pourrait être nous...

  • Chouette divorce !

    Isabelle Minière

    • Rouergue
    • 15 Janvier 2014

    Les parents de Léo divorcent et trouvent ça vraiment très chouette ! Sauf que Léo ne trouve pas l'idée aussi sympa qu'ils le disent et il est bien décidé à le faire comprendre. Mais quand tout le monde est très content, y compris les nouveaux compagnons et leurs enfants, c'est pas gagné... Une histoire originale et pleine d'humour sur le thème du divorce.

  • Il y a des soirs où rentrer chez soi fait comme une brûlure, une espèces de déchirure. Des soirs où l'air du dehors paraît doux, enveloppant, presque tendre, des soirs où l'on voudrait arrêter le temps, rester là, à regarder les gens, inventer leur vie, oublier la sienne.
    Quand j'étais enfant, je n'ai jamais rêvé d'école buissonnière, j'y allais de bon coeur, sans me poser de questions : mais au retour...
    Au retour, déjà, ce pincement au coeur.
    J'aurais voulu faire maison buissonnière.

  • « Sans vouloir m'en vanter, il n'y avait pas de quoi, j'ai toujours cru qu'il n'y avait rien. « Rien après ». J'étais discret sur le sujet, ce n'était qu'une question de croyance ; croire en quelque chose ou pas. Je ne voulais pas offenser les croyants ; croire en rien, c'est encore une croyance.
    Si on me tarabustait un peu, j'ajoutais avec un petit sourire : « Jusqu'à preuve du contraire, et dans l'état actuel de nos connaissances... ». Bref, rien après, j'étais sûr de moi, malgré le désespoir. Je me disais des choses comme ça, de mon vivant. » Avec une tendresse et une sensibilité toute particulières, Isabelle Minière réussit un tour de force : elle nous parle de la mort, et on en ressort optimiste et souriant. Ce petit livre faussement détaché nous fait beaucoup de bien.

  • Cette nuit-là

    Isabelle Minière

    Dans ce récit, sobre, tendu, concis, Isabelle Minière nous révèle la stupeur, la terreur, d'une femme aux prises avec une étrange violence, sans coups, sans traces.
    Elle nous démonte, par petites touches, la mécanique redoutable d'une manipulation mentale, aux effets ravageurs, mais qui agit dans l'ombre, en toute impunité. " L'arc-en-ciel, c'était quand il riait; c'était quand il souriait. Quand il te regardait ainsi qu'un homme regarde une femme qu'il aime. Une femme aimable. Tu voulais être cette femme-là ; et si ce n'était pas souvent, au moins que ce soit de temps en temps.
    Tu te racontais cela, les soirs d'orage. "

  • Une petite fille nous raconte sa vie, à sa façon, douce-amère, tendre et cruelle, drôle et grinçante... jusqu'au jour où tout change, et d'un coup, elle sort de l'enfance. La première marche de l'escalier, c'est là que se réfugie, chaque jour, la toute jeune héroïne de ce roman. Prête à cueillir, à accueillir, le plus petit soupçon d'affection, la moindre miette d'attention, elle baigne sans cesse dans une troublante ambivalence : elle aime sa mère plus que tout, en même temps qu'elle la redoute, plus que tout.

  • En apparence, Grégoire est un type normal, il aime son boulot, se coucher tôt, aller au cinéma. Il forme avec Agathe, professeur de philo, un couple bien assorti. Parfois, il a des réactions bizarres, il n'est pas « comme les autres ». Pour Agathe, c'est ce qui fait son charme.
    Le décès soudain du président de la République, l'interdiction du film les Bêtes sauvages, l'apparition de Vivien, un collègue d'Agathe, viennent désorganiser l'univers de Grégoire. Son regard innocent, sa façon de voir très particulière sont mis à mal.
    Avec des mots simples, Isabelle Minière nous fait peu à peu entrer dans un univers différent qui a sa logique propre mais décalée. L'humour de Grégoire est le plus souvent involontaire ; oui, en effet, Grégoire est très sensible et très attachant. C'est un personnage bouleversant qui fascine son entourage et donne du monde une perception nouvelle.

  • Ludi, elle aime pas les bébés ! Elle aime pas non plus : son prénom en entier, Ludivine, qu'elle trouve trop gnangnan, être une enfant parce qu'on lui dit toujours ce qu'elle doit faire, les jouets de « filles » qui sont ennuyeux (surtout les poupées et les barbies), les princes et princesses qui se ressemblent tous et font toujours les mêmes choses. En fait, Ludi y a beaucoup de choses qui l'énervent.
    Son petit frère Colas, lui, il a trouvé la technique pour être tranquille. Il se fait discret et récupère en douce les poupées de sa soeur pour leur chanter des chansons. Leurs parents, eux, ils s'arrachent les cheveux et voudraient bien que tout rentre dans l'ordre. Cerise sur le gâteau, même la maîtresse de Ludi se met à faire des trucs de filles, elle est enceinte et va avoir un bébé ! Sa copine Coralie rêve de garçon fleur bleue. Décidément tout le monde se ligue contre elle !
    Avec Colas, ils sont bien décidés à ne pas se laisser faire. Petit à petit, ils vont apprendre à être eux-mêmes et surtout comprendre une chose importante : on a le droit d'aimer ou de pas aimer. Les bébés comme les betteraves !

  • Mal aimé par ses parents dans son enfance, ignoré par sa compagne Béatrice (alias BB-Béa) et relégué dans la chambre du bébé (des anciens locataires !), Barthélémy Martin est un « désolé chronique ». Il se demande bien pourquoi il existe, cherche un sens à sa vie et se demande si elle vaut la peine d'être vécue avec une droguée aux séries tv. D'où une série de lettres qu'il poste à un psy inconnu. Ne sachant pas s'il est dépressif ou non, il décide parallèlement de consulter. S'ensuit un enchaînement de séances loufoques chez le docteur Blavar, psychiatre fantaisiste, puis chez son frère jumeau, également psy mais adepte des « questionnaires à choix multiples ».
    Dans sa quête, Barthélémy croise une « dame aux pigeons », des beaux-parents qui lui sont cachés et une mystérieuse femme à imperméable rouge...
    Humour, satire et belle méditation sur la relation à l'autre, ce roman épistolaire impose la musique très personnelle d'Isabelle Minière, porteuse de tendresse et d'espoir.

  • Bouche cousue

    Isabelle Minière

    «C'était l'heure de la vérité.
    Flora partait s'installer ailleurs, dans un autre quartier, un autre appartement. Et avec...» Un texte magnifique, tout en délicatesse. Sur la rupture amoureuse.
    Quand la séparation coupe tellement le souffle qu'elle emporte la voix.
    Qu'à ne plus avoir de mots on n'a même plus le son.
    Jusqu'à libérer son chant intérieur.

  • Le père de Sophie est un homme couché. Mais ce n'est pas grave : un jour, le miracle arrivera.
    Elle le sait. Elle y croit assez fort. Et alors son père redeviendra un homme debout. Il l'emmènera voir l'Afrique, il tuera des crocodiles. Son père sera enfin le lion dont il rêvait...

  • Martin est un comptable idéaliste, naïf et solitaire dont les seuls visages familiers sont ceux de sa boulangère et du clochard du quartier. Il aime regarder la pluie tomber, marcher dans les rues de sa ville, espérant faire une rencontre amicale ou amoureuse qui changera sa vie.
    En attendant il passe son temps à nouer des amitiés imaginaires, partageant ses états d'âme avec la grand-mère d'Odette ou Martine, l'héroïne d'un film qui le fascine. On se prend alors à rêver avec lui, à espérer qu'il croisera bientôt en chemin de véritables amis. Peut-être la jeune femme qui lui demande de s'occuper de sa comptabilité ? Peut-être ces inconnus rencontrés par hasard dans la rue ?
    Avec ce roman, Isabelle Minière explore le thème de la solitude à travers les yeux d'un personnage lunaire et attachant, un peu comme Baptiste des Enfants du paradis. Au fil des pages son espoir se fait contagieux : il n'est pas du tout à l'abri de bonnes surprises.

  • Tu te souviens, papa, cette fois où j'avais si froid, moins quinze degrés sur la neige et le verglas, marche forcée pour cause de voiture en panne, où tu trouvas tout au long du chemin des avantages à mon supplice :
    On a l'impression de marcher dans un congélateur géant ? C'est tant mieux, on appréciera vraiment le confort d'une maison chauffée en rentrant.
    On peut se faire renverser par les voitures qui vont trop vite ? Eh bien, les pompiers viendront, nous mettront dans leur beau camion, et on se fera transporter bien au chaud.

    C'est l'histoire d'un père qui a inventé une méthode infaillible pour conjurer le malheur.
    C'est aussi l'histoire de sa fille qui a mis du temps à la mettre en pratique, mais qui, à son tour, est passée maître dans l'art de tirer la langue à l'infortune.

    Avec ce récit tendu, à l'humour féroce, Isabelle Minière signe son deuxième roman.

  • Un couple ordinaire

    Isabelle Minière

    Comme on se sera disputés, il faudra se réconcilier.
    - On a besoin d'intimité, Benjamin, c'est le secret des couples qui durent ; l'intimité, ça passe par le corps, t'es pas d'accord ? Je serai d'accord. Discrètement. J'aurai sommeil et mal à la tête, saoulé de paroles. Et vaguement envie de pleurer comme chaque fois. Je ne pleurerai pas je suis un garçon, voyons. Elle voudra qu'on fasse l'amour -Il faut qu'on ait une vie sexuelle épanouie, Benjamin, le bonheur d'un couple passe par le corps, t'es pas d'accord ? Elle me demandera de la toucher là, et là, mais pas comme ça ! enfin Benjamin ! comme ça, là, voilà.
    Puis elle se sentira prête, soudain - Maintenant, Benjamin, viens ! Benjamin viendra. Elle dira " Plus fort ! Encore ! Plus fort, plus fort, je veux que tu sois très fort. Encore plus fort ! " Elle le dira très fort, et je me demanderai si Marion dort. Elle se mettra à réciter des obscénités, qui ont le vertu (vertu ?) de l'exciter - A chacun ses fantasmes, Benjamin, C'est comme ça la sexualité. [...] Puis...
    J'aurai un peu de plaisir et j'en serai surpris, (un peu... un peu plus, un peu moins...) une fois qu'elle aura crié Ouiiiii... ce sera peut-être le plaisir de l'entendre dire oui, c'est un mot qu'elle emploie avec parcimonie, sauf au lit.

  • Cela se passe demain, dans la Nouvelle France, au coeur de sa nouvelle capitale, Strasbourg, dans un hôtel de prestige. Monsieur Simon Simon, citoyen plus que lambda, a été choisi par le Service Spécial pour une mission ultra-secrète : dormir. Dormir, et tester les rêves enregistrés qui peupleront bientôt le sommeil de tous les Nouveaux Français.

    Or, au cours de son expérience, Simon Simon va découvrir quelques fissures dans cette société idyllique...

  • De la jeune fille à la vieille dame, chaque femme de ce recueil nous donne des nouvelles de l'amour.
    Leur amoureux, comment elles l'ont connu, comment elles l'ont aimé, chacune à sa façon, avec passion, avec tendresse, ou avec gourmandise, c'est selon ; comment l'amour fait souffrir et comme il fait plaisir, les deux à la fois le plus souvent. De la légèreté, de la gravité, de la fantaisie, de l'humour et un zeste de citron. De la sensualité, des sentiments, de la douceur, de l'ironie et une pincée de piment.
    Un cocktail surprenant, et pourtant si familier, qu'on soit un homme ou une femme. Mon amoureux et moi, c'est un peu vous, c'est un peu moi, c'est un peu nous tous, ou bien ça pourrait l'être. On a tous en nous un amoureux ou une amoureuse qui espère, qui s'inquiète ou qui jubile. Jubilons !

  • Le soupirant

    Isabelle Minière

    • Lattes
    • 1 Février 2001

    Ma mère avait ouvert une bouteille ; pour le repas dominical c'est normal. (...) C'est alors qu'on l'a regardé. Ma mère a dit « mon Dieu ! » On s'est tous levés d'un coup. Quelle tête il avait !
    Ma mère m'a regardée : « Appelle les pompiers ! » J'ai pensé : pourquoi moi ? pourquoi toujours moi ? Mais ça n'était pas le moment. J'ai vérifié qu'il respirait. Pour savoir quoi dire aux pompiers. Oui, il respirait. (...) Je dis aux pompiers que mon père va mourir. C'est pour qu'ils apprécient le degré d'urgence. C'est la énième fois qu'on les appelle parce que mon père meurt. Ils finiront par se lasser.

    Ce dimanche-là, elle s'était juré de ne pas assister au sacro-saint déjeuner familial, mais après tout c'était l'anniversaire de son père, malade en sursis, et peut-être même le dernier.
    Et justement, quelques heures plus tard, les voilà tous, la narratrice, son frère, sa soeur et leur mère, à compter les soupirs du père agonisant, un pour chaque bougie, pensent-ils.
    Dans l'attente de l'heure fatidique, chacun se révèle dans la plus cruelle nudité, jaugé par le regard impitoyable de l'héroïne. Cette jeune fille qui se croit transparente, qui n'a jamais d'avis, jamais d'amant et à qui l'on a volé son prénom.
    A travers le récit de ce huis clos familial, Isabelle Minière signe un roman grinçant et drôle à la fois. Un vrai régal.

    Isabelle Minière est née à Ségou au Mali. Le Soupirant, son premier roman, a obtenu la bourse littéraire Cino del Duca.

  • Chaque jour, avant le repas, une mère vieillissante mais vaillante sort les chiens, sous l'oeil attendri de son fils. Les chiens n'ont jamais les mêmes noms, ne sont jamais les mêmes mais invariablement, avant le repas, elle sort les chiens. Jusqu'au jour où, sans explication, ce rituel s'interrompt.
    Dans Sortir les chiens, il y a deux personnages principaux, un fils, qui est aussi le narrateur, sa mère, quelques personnages annexes, puis il y a le personnage central?: la relation mère-fils, l'imagination un peu folle de l'une, la tendresse de l'autre.
    À quoi se raccroche cette vieille dame qui promène chaque jour une compagnie de chiens aux noms toujours renouvelés, qui mange comme un oiseau, s'intéresse à tout ce qui fait la vie, mais s'esquive sans cesse?? Pourquoi ce fils protège tant sa mère?? Quel secret cache une telle compassion??
    On le sait, Isabelle Minière est une orfèvre du sentiment, elle excelle ici à nous plonger dans les arcanes d'une relation très particulière à la limite de la raison.
    Olivia Lévêque privilégie des éléments simples pour transmettre à la surface du papier des émotions d'une extrême justesseâ€...: la subtilité des couleurs, l'économie des aplats, l'esquisse, pour un résultat faussement naïf où le presque rien dit énormément.

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