Béatrix Beck

  • «- Monsieur l'abbé, je voudrais vous dire quelque chose, articulai-je avec difficulté.Il leva vers moi des yeux attentifs.- Voilà. Je suis flambée.- Vous êtes flambée ?- Oui. Je me convertis. Je suis à vos ordres.Morin parut consterné...- Vous êtes peut-être un peu trop fatiguée, ou sousalimentée, ces temps-ci.- Non, je ne suis pas fatiguée, et on vient de toucher des pommes de terre...- Elle est complètement braque, cette fille, murmura Morin.»

  • Noli

    Béatrix Beck

    Dans un pays lointain de neige et de froid, une enseignante venue d'Europe s'éprend de Camille, une universitaire célèbre.
    Noli est la chronique de cet amour à sens unique.
    Noli est le récit d'une tentative de guérison par la psychanalyse.
    Noli est le constat que seule l'écriture peut délivrer des amours illusoires.

  • Bribes

    Béatrix Beck

    Béatrix Beck avait l'habitude de noter des phrases sur toute sorte de supports - allant du papier administratif à l'enveloppe reçue en passant par les boîtes cartonnées d'emballages alimentaires -, qu'elle découpait et conservait précieusement dans des pochettes intitulées "Bribes".
    Réflexions sur l'existence, la vieillesse et la mort, phrases entendues, observation de la nature et des animaux, en particulier des chats qu'elle aimait tant, jeux de mots... autant d'aphorismes, de romans ou de nouvelles potentiels dans lesquels se condense l'univers si particulier de cet immense écrivain qu'est l'auteur de La décharge, de Stella Corfou ou de Léon Morin, prêtre.

  • Disparue en 2008, Béatrix Beck aurait eu 100 ans le 30 juillet 2014.
    Pour fêter cet anniversaire, les éditions du Chemin de fer publient le 11 juin 2014 La double réfraction du spath d'Islande, recueil de quarante-trois nouvelles et textes autobiographiques inédits ou parus en revue, qui retrace cinquante années d'écriture et dresse en creux le portrait d'un écrivain incontournable.

    De Béatrix Beck, André Brincourt disait : « Ses mots ont une fraîcheur suspecte. » À la lecture de La double réfraction du spath d'Islande, on prend la mesure d'une conception sans concession de la littérature, indissociable d'une infinie liberté : « J'appelle un chat un chat et un mort un macchabée » affirme-t-elle dans l'une des nouvelles inédites du recueil, au titre qui en dit long : Les zobs secs.
    De ces cinquante ans d'écriture retracés ici, on retient également la permanence des obsessions de l'auteur de Léon Morin, prêtre, de La décharge ou de L'enfant-chat : Dieu, ou plutôt son absence ( « Version moderne et laïcisée de l'Écorché de Bar-le-Duc : la télécommande extérieure au poste T.V. et qui pourtant le dirige. Le silence de Dieu m'a brisé la télécommande et qu'est-ce qu'un poste T.V. sans sa télécommande ? ») ; la parole donnée à ceux qui ne l'ont pas, qu'il s'agisse d'un handicapé ( « Un héros de roman, c'est qui ? / - N'importe qui. / - Sans préférence ? - Plutôt les anormaux. Il y a plus d'au-delà en eux. »), d'un chat (Ooliba et sa descendance) ou d'un crayon (« Seule la fille de trois ans est bien. J'aime tracer son nom en capitales : PULCHÉRIE. Elle ne m'utilise que pour dessiner des maisons avec leur fumée et des fleurs qui les dépassent, des chiens à six pattes, des personnes avec tous leurs doigts comme des quenelles.»).
    Ce qui transparaît à chaque page : l'amour des mots et le plaisir de jouer avec eux : « Jean Ricardou a écrit dans Problèmes du Nouveau Roman que personne n'a jamais couché dans le mot lit et que le mot chien n'a jamais mordu personne. Démentiellement, l'espoir subsiste : peut-être l'écrivain finira-t-il par coucher le lecteur dans le mot lit, par le faire mordre ou lécher par le mot chien. Flaubert rêvait d'un livre à propos de rien, qui se tiendrait par la seule force interne de son style. C'est l'échec, renouvelé à chaque ouvrage, qui donne la force de continuer ».

    Dans la seconde partie, consacrée aux textes autobiographiques, le lecteur se familiarisera avec celle dont la vie et l'oeuvre sont intimement liées. On y croise bien sûr la figure du père, Christian Beck, celle de Roger Nimier ou d'Aragon, mais aussi celle d'une voisine qui deviendra l'héroïne du roman Josée dite Nancy :
    « - J. souhaite des rapports sexuels avec moi un peu, j'imagine, comme les cannibales qui espèrent acquérir les caractéristiques de ceux qu'ils consomment. Ce serait pour elle une manière d'entrer dans le français, tandis que je me familiariserais avec la fourrure.
    Moi, revêche :
    - J'ai peur de ne pas avoir ces goûts-là.
    Craignant d'avoir été trop blessante, j'ajoute :
    - J'ai aimé des femmes, mais je ne les ai jamais touchées.
    Elle, encourageante :
    - Y a un commencement à tout ».

    Et la lecture de La double réfraction du spath d'Islande, de donner envie de s'écrier, comme J. la voisine : « Je vous aime, mâme Beck.»

  • De l'oeuvre poétique de Béatrix Beck (1914-2008) nous ne connaissions jusqu'alors que les onze poèmes publiés dans la plaquette Mots Couverts en 1975. Dans un entretien datant de 1997, elle affirmait pourtant : «J'ai par ailleurs un recueil dactylographié, qui n'est pas imprimé. Il le sera peut-être après qu'il me soit arrivé quoi que ce soit.» Ce recueil inédit, intitulé Entre le marteau et l'écume, ouvre ce volume des poésies complètes qui réunit par ailleurs Mots couverts et de nombreux poèmes publiés en revue.

  • Ce texte inédit, qui date de 1979, est la retranscription d'un tapuscrit retrouvé dans une pochette intitulée "Conférences" des archives de Béatrix Beck.
    Romancière, nouvelliste, poète, Béatrix Beck fut aussi la dernière secrétaire d'André Gide, en 1950 et 1951.
    Elle évoque ici le souvenir de quelques écrivains qu'elle a côtoyés : Gide principalement, mais également Colette, Malraux, Mauriac, Sartre...

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  • L'enfant qui cherchait la petite bête réunit dix-huit contes inédits ou parus en revue qui dressent une galerie de personnages tous plus fantastiques et merveilleux les uns que les autres. On y retrouve le plaisir de la langue de Béatrix Beck, son esprit d'observation féroce. L'auteur de Léon Morin, prêtre et de L'enfant chat nous ravit de son imagination débordante et malicieuse.
    Béatrix Beck jouent non sans humour avec les codes du genre et la mort, si présente dans son oeuvre, bien que toujours mise à distance, rôde sans relâche. Disons le tout net: les princesses aussi meurent souvent !
    L'enfant qui cherchait la petite bête est à mettre entre toutes les mains, celles des adultes curieux qui rêvent de réenchanter le monde, celles des enfants avertis qui vont d'épouvante en émerveillement.

  • La decharge

    Béatrix Beck

    Les Duchemin s'entassent dans une baraque, entre le cimetière et la décharge publique. Noémi rédige ses souvenirs à la demande de son institutrice. Adolescente sensible, surdouée, son style est capable de transformer en féerie la réalité sordide. Elle a l'espièglerie ravageuse de la Zazie de Queneau.

  • Une veuve, professeur en retraite vivant à la campagne, recueille une petite chatte qu'elle considère bientôt comme sa fille. Or voici que cette chatte se met à parler : elle prononce quelques mots, puis des petites phrases. Un jour, elle veut aller à l'école. L'institutrice consent à la recevoir, mais ne peut la garder parce que sa présence trouble la classe. Mais la chatte tombe malade. Heureusement, un amoureux survient qui lui rendra la santé et lui fera des petits, doués eux aussi de la parole...
    Personne aujourd'hui n'a un style plus riche et plus précis que Béatrix Beck. Elle a l'invention d'un Marcel Aymé et la concision d'un Jules Renard. En une succession de petites scènes où se marient le réalisme et le merveilleux, la poésie et l'humour, tout un petit monde est peint ici, en vives couleurs.
    L'Enfant-chat a obtenu le prix Trente Millions d'amis.

  • Barny, jeune intellectuelle, a épousé Chaïm, apatride, juif et militant communiste. Elle en a une petite fille, France. Nous sommes en 1940. Chaïm est mobilisé dans l'armée française. Barny et sa fille vivent très pauvrement dans les Alpes. Chaïm vient en permission. Il se sent menacé, car il a découvert qu'il figure sur une «liste noire». Il retourne à l'armée, et, bientôt, Barny apprend sa mort. Crime ou accident ? Barny saura-t-elle jamais la vérité ? Tout est dit en quelques mots, comme une confidence faite les dents serrées, et cela suffit pour que nous fassions nôtres les joies et les malheurs de Barny.

  • Une fée vole inlassablement sur les routes à la recherche d'un nouveau-né dont elle pourrait être la marraine.

    Au fond d'un palais, un enfant passe ses colères sur les habitants minuscules d'une île qui flotte au milieu d'une bassine d'eau.
    Plus loin, dans un lieu sauvage, les cris de désespoir d'une princesse triste à mourir donnent naissance à des oiseaux.
    Ailleurs, on voit une petite fille de verre qui ne peut se mettre à courir sans que ses parents lui crient de faire attention, qui ne peut manger un bonbon sans que tout le monde le sache, qui ne peut formuler le plus petit mensonge sans risquer de se fêler.

    Quinze contes qui montrent le monde sous un jour inquiétant et magique.

  • Josée est née pendant l'occupation : "Ma mère m'a eue par les Allemands", dit-elle. Ce qui lui valut, à cette mère, d'être tondue à la Libération. Josée est devenue une jeune femme très délurée - ouvrière dans la fourrure, mais aussi entraîneuse à Pigalle. Elle a eu des maris qui lui fait des enfants, elle a beaucoup d'amants et elle accueille des michetons. C'est une forte nature.

  • Une grenouille surgie d'un encrier a-t-elle le pouvoir de transformer un problème en poème pour un petit garçon découragé oe
    Une clochette de verre à l'âme pure peut-elle mourir de joie pendant la nuit de Noël oe
    La Grande Ourse peut-elle déborder d'amour maternel au point de descendre de la voûte étoilée pour chercher à manger sur la terre pour sa fille, la Petite Ourse oe
    Le Juif errant peut-il devenir, au hasard d'une rencontre sur la route, l'aide irremplaçable du Père Noël oe
    Oui. Les humiliés prennent leur revanche. Les habitants de la Nature et les brimborions du quotidien recèlent des trésors : un oiseau sort de l'oeuf à repriser, un mille-pattes écolier copie cent lignes en un clin d'oeil, un rayon de lune devient l'épée d'une princesse désarmée, une vieille dentellière brode une chemise de givre pour une reine capricieuse, une rivière est demandée en mariage par l'Océan... Dans le monde enchanté de Béatrix Beck, rien n'est impossible.

  • Barny et sa fille France font un séjour en Belgique après la mort du mari de Barny, Chaïm Aronovitch.
    Le personnage qui, avec Barny, domine le récit, est sa tante Francine, vieille fille pétrie de préjugés ridicules, de vanité, d'hypocrisie, pieuse, mais «s'accommodant sans cesse avec le ciel» et se permettant mille irrégularités, grandes et petites, avec la meilleure conscience. Cette tante Francine constitue un étonnant portrait, une peinture à la fois sèche et éclatante, dans le goût de Hogarth et de Cézanne.

  • Barny

    Béatrix Beck

    Ce roman est, sous la forme d'une autobiographie, l'histoire d'une petite fille qui s'éveille ´r la vie, et ´r qui celle-ci livre tout de suite tout ce qu'elle comporte de rude, de douloureux, de tragique, en meme temps que de merveilleux. Sa mcre, qui est veuve, devient peu ´r peu folle. Cette folie, que l'enfant voit naître et grandir, et qui tantôt l'épouvante, tantôt lui paraît naturelle, peuple son adolescence d'un cruel cortcge d'images étranges. Ainsi Barny grandit, sans cesse transplantée d'un pays ´r un autre, d'un milieu trcs aisé ´r une miscre presque sordide ; elle devient jeune fille, lit, apprend et découvre finalement l'amour, en meme temps que naît sa conscience.

  • Les nouvelles réunies ici ont comme sujet principal la vieillesse et la mort ; nouvelles noires - mais au sens où l'on parle d'humour noir - pleines de trouvailles langagières, de réflexions qui bousculent les idées reçues. Le plus long texte ouvre le volume. Il commence de façon réaliste et se poursuit en conte fantastique, laissant à penser que le narrateur a perdu la tête : il tombe amoureux d'une gargouille de l'église voisine et connaîtra en sa compagnie ses derniers moments de bonheur...

  • " Je suis une gargouille, et comme moi, comme tout être, mes gargouilles évoluent.
    " Confidence insolite d'un écrivain singulier. En marge de l'Église mais profondément attachée à elle, Béatrix Beck s'identifie aux " diablesses bénites ", à ces êtres d'apparence monstrueuse dont elle peuple aussi ses livres. Valérie Marin La Meslée a recueilli ses secrets et nous les fait partager, révélant ainsi le parcours et les rencontres d'une personnalité étonnante.

  • Prenoms

    Béatrix Beck

    Tantôt écrites à la première et tantôt à la troisième personne, ces nouvelles mettent en scène des personnages de toutes tailles, de tous âges, de tous sexes et qui exercent les métiers les plus divers. Certaines sont entièrement composées de dialogues. Jeux sur les mots, sur les images, sur les idées...sur des questions auxquelles elle a longtemps réfléchi, Beatrix Beck nous dit tout ce qui lui passe par la tête. Le lecteur est tantôt dans la fable, tantôt à la lisière du fantastique. Le monde contemporain est au coeur de ces nouvelles mais il arrive à l'auteur de rêver à des temps anciens et l'on devine que la Bible reste le livre de chevet de celle qui, jadis, écrivit {Léon Morin, prêtre}.

  • Il arrive que l'on souffre de ne pas ressembler à tout le monde ; c'est le cas de la petite Lia Déminadour qui, à seize ans, atteignait tout juste les quatre-vingt-dix-huit centimètres. Orpheline de bonne heure, elle avait été élevée par une grande soeur qui l'adorait. D'ailleurs tout le monde l'aimait bien, mais comme on aime un chat ou même un colibri. Par la suite, certains l'aimèrent charnellement comme un petit bout de femme, car elle était jolie et bien proportionnée. Vous saurez tout sur la vie sentimentale et sur la vie sensuelle de la petite Lia. A trois reprises, elle pensera avoir trouvé un fidèle compagnon. Elle connaîtra de vraies joies, mais aussi de grandes déceptions et des deuils cruels. Elle est courageuse et résiste aux coups du sort. Vous la verrez exercer des métiers divers : modèle pour peintre, vendeuse de jouets, présentatrice de produits d'entretien, jeune fille au pair, dame de compagnie. Pour finir, elle ouvrira un cabinet de voyante et y gagnera très bien sa vie. Elle vivra avec un chat noir répondant au nom d'Oculi.

  • Ce volume rassemble tous les recueils de nouvelles de Béatrix Beck : Recensement, Vulgaires vies, Moi ou autres, Prénoms.

    " Le moins qu'on puisse dire est que Béatrix Beck aura été laconique en tout. Orpheline presque au berceau, jeune fille très tôt instruite des illusions et des vérités discontinues, veuve précoce, c'est dans le pointillé qu'elle trouve sa juste mesure. Béatrix Beck est l'écrivain du perpétuel inachèvement des choses terrestres. Du pointillé au pointillisme, il n'y a qu'un pas d'école : c'est dans cet " isme " -là qu'on tentera d'enfermer l'impossible sauvageonne, dès ses premiers livres.

    Béatrix est un écrivain insouciant, mais extraordinairement véloce. Elle a pris l'habitude d'écrire sur ses genoux, comme quelqu'un qui s'attendrait à décamper très vite. Sa phrase ne s'installe jamais, et il n'est pas de style moins posé que le sien. Tout passe comme un délire léger, qui vous laisse l'impression saisissante de traverser une allégorie de l'histoire humaine.

    Aucun romancier peut-être, dans la période contemporaine, n'aura donné cours plus libre à sa fantaisie. Ses récits sont traversés d'étranges créatures. On y croise des gargouilles mérovingiennes qui jurent comme des charretiers, des chats qui parlent comme vous et moi, des villages qui disparaissent du Chaix sans crier gare, des nains de jardin qui ont une très haute opinion d'eux-mêmes, un illettré qui rêve de devenir éboueur, des anges en danger de pétrification, une brocanteuse qui devient écrivain.

    Si elle pouvait se faire encore plus petite qu'elle n'est, la reine Béatrix se cacherait dans le bonnet de Njördhr son nain de jardin, ou dans l'oeil de son chat, ou dans n'importe quoi d'un peu féerique comme ce personnage de Moi ou autres qui rêve de se blottir dans son étui à lunettes. Histoire, quand même, au cas où le monde ferait plaisir à voir, de n'en rien manquer. " Jean-Louis Ezine.



    Béatrix Beck est née en Suisse en 1914. Elle a obtenu le Prix Goncourt pour Léon Morin, prêtre, en 1952. Dernier livre publié : Confidences de gargouille (Grasset, 1998), avec Valérie Marin La Meslée.

  • Un(e)

    Béatrix Beck

    Certains êtres n'en finissent pas de liquider leur passé. Ils aimeraient comprendre comment ils sont devenus ce qu'ils sont. C'est le cas de Mahaut qui perdit son père lorsqu'elle n'avait que quelques mois et qui n'était qu'une adolescente quand sa mère se suicida. Est-ce par amour du père qu'elle aurait voulu être un garçon ? Et son opposition à sa mère, sur quoi reposait-elle ? Mahaut, dans son âge mûr, espère trouver auprès d'un psychanalyste la réponse à ses interrogations. Mais elle met en doute tout ce que cet homme propose comme explications. Toute la première partie du livre est un étonnant échange entre l'analyste et l'analysée. Puis, après la mort accidentelle de son interlocuteur, voici que Mahaut se retrouve seule et démunie dans un village perdu. Le réel peu à peu lui échappe ou plutôt se transforme en une bizarre féerie qui fait penser aux enchantements de la forêt d'Ardenne dans le théâtre de Shakespeare. On n'est pas sûr que ce soit un apaisement après la tempête.

  • Dans ce recueil de nouvelles - où l'on verra Dieu lui-même dialoguer avec Adam - c'est tout l'univers de Béatrix Beck qui s'impose. Les êtres qu'elle y {recense}, les circonstances ou les époques qu'elle y réinvente, s'offrent, à chaque page, comme autant de prétextes poétiques dont les lecteurs de {l'Enfant chat} et de {la Prunelle des yeux} retrouveront les grâces si singulières. Univers fantastique ? Fables troublantes ? Tout, ici, provoque l'enchantement, et souligne que, dans le regard de Béatrix Beck, la réalité n'est souvent qu'un tissu de songes.

  • Au début de ce livre, vous assisterez à un feu d'artifice d'expressions cocasses, toutes appartenant depuis longtemps au langage populaire. Il faut entendre ici le mot "vulgaire" dans son sens premier : le vulgaire, c'est le commun des hommes, par opposition à une prétendue élite. Dans les textes qui suivent se succèdent des dialogues également nourris de trouvailles langagières, des lettres émouvantes sur la vie privée de personnages singuliers, des nouvelles à la frontière du fantastique. Le livre s'achève sur les confidences d'une dame dactylographe qui n'est pas sans parenté avec l'auteur de {l'Enfant chat} : on ne la verra cependant pas avec un félin, mais avec un lézard minuscule, inoubliable.

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